
En 1980, je venais de voir 2001 : l’odyssée de l’espace de Kubrick, et j’étais resté marqué par cette expérience visuelle.
Cela m’avait donné envie de construire des maquettes d’engins spatiaux et de villes.
J’avais alors transformé le garage de mes parents en studio de cinéma avec des rampes d’éclairage au plafond, élaboré des systèmes de travelling permettant les lents déplacements de la caméra sur ces décors.
Le résultat de ce premier travail, filmé en Super 8, difficile à montrer en raison de l’aspect ésotérique de l’histoire, me laisse un souvenir mitigé. Cependant, la construction des décors était une immersion dans un univers à part entière, avec le plaisir de travailler différents matériaux, de créer des formes à ma convenance, bref l’expérience à la fois artisanale et un peu démiurgique que vit tout décorateur.


Faire des films, c’est créer des mondes. Construire des décors, c’est également créer des mondes.
L’adolescence est un âge propice aux rêveries, c’est un terreau pour toutes les tentatives, les expérimentations, avec le minimum d’inhibition et d’appréhension.
Mon « terrain de jeu », mon garage-studio, constituait un environnement préservé, à l’abri duquel je pouvais faire ces expérimentations.
Ce n’était pas qu’un refuge confortable et protecteur permettant d’échapper au tumulte du monde extérieur, c’était un laboratoire d’alchimiste dans lequel je pouvais mélanger images et lumières.



